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Posts Tagged ‘Pierre Loti’

“How shall we describe the features of this queen? This is a delicate, a difficult task, for the ordinary expressions one would use are immediately rejected as irreverent, so instinct with respect is the feeling she arouses within the soul. The light of eternal youth is in her smile, on her velvet-pink cheeks, shining and dancing in the laughter of her beauteous lips. Her magnificent tresses, however, visible through the silver-spangled veil, are almost white! …

‘White foams,’ she wrote in her Thoughts, ‘are the foam-topped waves which ride upon the sea after a storm.’

And what words could express the unrivalled charm of her glance, of those clear grey eyes, somewhat overshadowed by the broad open forehead: the charm of a lofty intelligence, a discreet, sympathetic power of penetration, habitual suffering, and a wide-embracing pity? […]

As I have said, the queen’s voice was pure music, – music as delightful and fresh as it was instinct with youth! I do not think I ever heard the sound of a voice that could compare with hers, that I ever listened to any one reading with like charm.

loti-carmensylvaOn the morrow of my arrival, Her Majesty had expressed curiosity as to what I thought of a certain German poem, unknown to me. In the course of a private conversation, her secretary put me on my guard: ‘If the queen reads it to you herself’, he said, ‘you will be unable to judge; no matter what the queen reads, it always appears delightful, – like the songs she sings, – but if you take up the book afterwards, to read alone, it is not at all the same thing and you are often completely disillusioned.’

Subsequently I discovered how true this warning was; being privileged to listen whilst Her Majesty was reading to the ladies of the Court, certain chapters from a book of mine, I actually failed to recognise my own work, so embellished and transfigured did it appear.”

Pierre Loti: “Carmen Sylva” (New York, 1912)

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loti-carmensylva« Avec quels mots décrire les traits de cette reine ? Comme la chose est délicate et difficile ; il semble que les expressions ordinaires, qu’on emploierait en parlant d’une autre, deviennent tout de suite irrévérencieuses, tant le respect s’impose dès qu’il s’agit d’elle. L’éternelle jeunesse est dans son sourire, elle est sur ses belles dents, claires comme de la porcelaine. Mais ses magnifiques cheveux, que l’on voit à travers le voile semé de paillettes argentées, sont presque blanques ! … ‘Les cheveux blancs, a-t-elle écrit dans ses Pensées, sont les pointes d’écume qui couvrent la mer après la tempête.’

Et comme exprimer le charme unique de son regard, de ses yeux gris limpides, un peu enfoncés dans l’ombre sous le front large et pur : charme de suprême intelligence, charme d’infinie profondeur, de discrète et sympathique pénétration, de souffrance habituelle et d’immense pitié ! […]

J’ai dit que la voix de la reine était une musique, – et une musique si fraîche, si jeune ! Je ne crois pas avoir jamais entendu son de voix comparable au sien, ni jamais avoir entendu lire avec un charme pareil.

Le lendemain de mon arrivée, Sa Majesté avait exprimé la curiosité de connaître mon impression sur certain poème allemand, nouveau pour moi. Son secrétaire me mit en garde dans une causerie particulière : ‘Si la reine vous lit elle-même, dit-il, vous ne pourrez pas juger ; n’importe ce que lit la reine semble toujours délicieux, – comme les morceaux qu’elle chante ; mais si on reprend le livre après, pour lire seul, ce n’est plus du tout cela, on a souvent une complète désillusion.’

J’ai pu voir ensuite combien cet avertissement était fondé : ayant eu l’honneur d’assister à une lecture que Sa Majesté faisait aux dames de la cour de certains chapitres d’une de mes livres, je ne reconnaissais plus mon œuvre, tant elle me paraissait embellie, transfigurée. »

Pierre Loti: « Carmen Sylva » (« L’Exilée », Paris : Calmann Lévy, 1893)

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stern_pierre-loti-et-carmen-sylva“Comment se sont-ils rencontrés? Sur la terrasse merveilleuse du château Pélèche, à Sinaia, résidence d‘été de la Cour de Roumanie, Carmen Sylva m’a raconté un jour, l’origine de son amitié avec Pierre Loti.

Mlle Hélène Vacaresco, cette exquise poétesse, était, à cette époque la plus aimée des demoiselles d’honneur de la Reine Elisabeth de Roumanie. Elle avait traduit en fraçais un poème de Carmen Sylva, intitulé : Jehova.

Avec l’autorisation de sa Reine, elle avait envoyé un exemplaire de cette traduction à Pierre Loti. Le célèbre écrivain remercia la traductrice par cette lettre :

« Mademoiselle,

Je vous remercie de m’avoir fait connaître ce poème de « Jéhovah » – Il est de la reine de Roumanie, n’est-ce pas ?

Je l’admire profondément – J’admire le fond qui est de la reine, et la forme qui est de vous, Tout est joli et plusieurs passages sont absolument beaux, – étonnants, sublimes.

J’aimerais exprimer mon admiration à cette Carmen Sylva. Le puis-je et par quelle voie ? – sous quelle forme ?

Le moins prochain si vous permettez, je vous enverrais moi aussi un petit livre.

Veuillez, Mademoiselle, agréer mes hommages.

Pierre Loti »

Peu après Pierre Loti envoya à Mlle Vacaresco un exemplaire de son roman : Pêcheur d‘Islande, avec une chaleureuse dédicace pour la Reine et avec l’instante prière de le lui remettre.

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Carmen Sylva admira beaucoup ce livre, des pages duquel, me dit-elle, « se dégage une suprême mélancolie et qui, s’il enchante et fascine chaque lecteur, impressionne tout particulièrement ceux qui ont éprouvé une profonde douleur dans la vie. Il faut aimer cet auteur qui non seulement sait dépeindre avec tant de talent la tristesse des âmes humaines, leur idéal éternellement cherché, rarement trouvé et si vite perdu, mais qui prend part, en tant qu’homme, á toutes les douleurs et à toutes les déceptions décrites dans son livre. »

(…) … c’est pourquoi la lecture de ce livre fit éclore dans l’âme de cette reine le désir d’en connaître l’auteur.

Ce désir fut rapporté à Pierre Loti, en même temps que lui était adressée une invitation formelle de venir en Roumanie, en qualité d’hôte de la Reine.

Loti accepta avec un enthousiasme d’autant plus grand qu’il avait appris que la Reine, comme preuve suprême de son admiration pour Pêcheur d’Islande, avait traduit cet ouvrage en allemand. (…)

Loti arriva à Sinaia en automne 1887. C’est là qu’eut lieu sa première rencontre avec Carmen Sylva.

Cet homme, dont la vie s’était écoulée pour la plus grande partie sur mer et dont l’existence était remplie d’aventures extraordinaires, était pourtant un timide, me dit la Reine.

« En présence de toute figure nouvelle, il ferme son âme, comme un escargot se renferme dans sa coquille. Il fallait un temps assez long ou une sympathie toute spéciale pour lui faire ouvrir son âme et délier sa langue. » (…)

La forêt séculaire de Sinaia put voir, les jours suivants, un homme et une femme se promenant par les sentiers sauvages, échangeant des souvenirs, comme deux vieux amis qui se sont retrouvés après une longue séparation et qui se racontent tout ce qui s’est passé depuis lors.

Tout alla pour mieux aussi longtemps que ces promenades eurent la forêt pour but, mais une véritable épouvante s’empara de Loti lorsque la Reine voulut le faire grimper sur les montagnes qui entourent Sinaia.

Avec une peine qu’il parvenait mal à cacher, il suivait la Reine qui, alpiniste intrépide, l’entraînait vers les cimes. Carmen Sylva, qui ignorait le peu de goût de Loti pour ce genre d’ascensions, projetait même de le mener voir un certain couvent sis sur l’un des hauts sommets des Carpathes et où vivaient des moines quasi-centenaires, petits vieux à la barbe verdâtre, à la soutane en haillons et qui, séparés du monde, imaginaient que le tzar Nicolas Ier (le tzar de la guerre de Crimée) régnait encore sur la Russie.

Si fort que le poussât sa curiosité toujours avide de pittoresque, lorsqu’il apprit, par l’entourage de la reine, à quel point l’ascension à laquelle il était convié était fatigante, Loti déclara soudain avoir un travail pressé à terminer qui l’empêchait de prendre part à l’excursion. Il fit pourtant cette déclaration d’un ton qui ne lassait aucun doute sur les véritables motifs de son abstention.

– Allons, dit le Reine, vous avez peur de grimper ?

Loti ne répondit pas à cette question directe, mais on découvrit bientôt qu’il s’était livré à une véritable investigation auprès du personnel du château et que les détails recueillis sur l’excursion prochaine avaient suffi, malgré l’accablante chaleur estivale du moment, pour lui glacer les moelles.

Leurs promenades désormais se limitèrent à la forêt.”

***

Léopold Stern: « Pierre Loti et Carmen Sylva », Paris : Éditions Bernard Grasset, 1931, pp. 10-24.

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Gesammelte Aphorismen in deutscher und französischer Sprache und Epigramme der Königin Elisabeth von Rumänien, geborene Prinzessin zu Wied (1843-1916).

Herausgegeben und mit einem Vorwort von Silvia Irina Zimmermann, mit Abbildungen aus dem Fürstlich Wiedischen Archiv Neuwied, Stuttgart, ibidem-Verlag, 2012, 442 Seiten, ISBN 978-3-8382-0385-0.

Enthält die Aphorismen-Originalbände
„Les pensées d’une reine“, préface par Louis Ulbach, Paris, Éditeur Calmann-Lévy, 1882, 174 p.
„Les pensées d’une reine“, Paris, Éditeur Calmann-Lévy; 2-e édition, 1888, 150 p.
„Vom Amboss“, Bonn, Verlag Emil Strauss, 1890, 122 S.
„Aliunde“ [pensées], Bucureşti, Editura Minerva, [1913], 320 p.
sowie Epigramme aus dem Band:
„Meine Ruh’“, Berlin, Verlag Alexander Duncker, 1884/1901.

***

Leseprobe:
http://www.carmen-sylva.de/literatur/aphorismen-pensees-ibidem2012.htm

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